Le Professeur Yves Rocard (par Philippe Bouchaud)

Yves Rocard (1903-1992), père de l’ancien Premier ministre Michel Rocard, a été une référence scientifique tout au long de sa carrière. Cette dernière serait trop longue à exposer ici, mais il a notamment été le responsable scientifique des programmes qui ont mené à la mise au point de la bombe atomique française.

Il n’a donc rien d’un professeur Tournesol. Pourtant, à la fin de sa carrière, quand il s’est mis à étudier la sourcellerie, la radiesthésie, le biomagnétisme et, surtout, quand il a cautionné la réalité de ces disciplines, il s’est attiré les foudres de la communauté scientifique. Et, soudain, ceux qui avaient loué jusqu’alors sa rigueur scientifique et sa qualité intellectuelle se mirent à le considérer comme un charlatan. Tout a commencé quand un des ouvriers de son équipe utilisa devant lui une baguette de sourcier. Ses performances le surprirent tellement que son incrédulité première se mua en curiosité scientifique.

Il réalisa alors de nombreuses études, objet de livres… qui furent décriés par la communauté scientifique (Le signal du sourcier, La science et les sourciers…). Il y décrivait notamment que la filtration des eaux souterraines, en générant des courants, crée des perturbations du champ magnétique terrestre perçues par le sourcier. Il faisait aussi référence aux découvertes sur la présence de cristaux de magnétite dans les arcades sourcilières et les articulations et émettait l’hypothèse de la sensibilité de ces centres aux variations du champ magnétique terrestre. Ses études ont mis en exergue la fine sensibilité de l’être humain (à l’instar des animaux) à de très faibles variations du champ magnétique terrestre.

La morale de cette histoire, qui concerne aussi la géobiologie, est la suivante : la séparation entre disciplines "scientifiques" et "non reconnues scientifiques" est totale. Même une sommité comme le Professeur Rocard n’a pas réussi à établir un pont entre elles. Pourtant, si des moyens humains et financiers importants étaient consacrés à étudier ces phénomènes "inexpliqués" – et ceci en toute objectivité –, cela permettrait de comprendre et de confirmer certaines approches ou, au contraire, de mettre en lumière les erreurs ou autres impostures.