J'ai convaincu un juge (suite)
andre almerge.tiff

Dans le silence, les sites historiques sont impressionnants. La vue du plateau sur lequel s’éleva la ville de Rehua, avec ses 30000 habitants, aujourd’hui disparue, est toujours émouvante. Peut-être le temps me permettra-t-il un jour de prospecter cette terre historique, emplie de mystères, désolée, abandonnée, balayée par le vent ou brûlée par le soleil.

 

Mais il était dit que mon repos ne serait pas complet. Un juge qui séjournait à l’hôtel manifesta le désir de s’entretenir avec moi. Voilà, me dit-il, voici la photo de cette jeune femme qui doit me rejoindre ici avec des amis. Je n’ai pas de nouvelles quant à son arrivée. Pouvez-vous me dire en quel lieu elle se trouve ? Condescendant, il ajouta : "Je vais vous aider. Ne cherchez pas en France, mais plutôt en Corse". Un Corse aurait dit "ne cherchez pas sur le continent". Mon juge n’était pas Corse. Il résidait à Strasbourg. Il rejoignit cette ville plus tôt qu’il ne l’avait prévu. C’est de là qu’il m’appela au téléphone pour me demander si mon pendule "impressionnant" m’avait donné la réponse aux questions qu’il m’avait posées. Je les avais longuement étudiées, aussi c’est avec assurance que je lui répondis :

  • Cette dame se trouve aux envions de Martigues, dans les Bouches-du-Rhône et se prépare à rejoindre Strasbourg par le train. Il fulmina.

  • Vous faites une erreur des plus grossières. Mes amis sont partis en voiture. 

Et il raccrocha, conscient de l’insuffisance et de l’ignorance des pendules et des radiesthésistes.
Mais la dame et son ami, qui n’avaient pu venir à Rennes-le-Château, étaient bien à Martigues en route pour rejoindre Strasbourg. Se souvient-il qu’il a failli commettre, lui, juge, une erreur ? Et s’il s’en souvient, est-il convaincu ? J’aime assez le croire.